Nouvelles extraditions de trafiquants de drogue depuis les Émirats arabes unis : un coup d'accélérateur dans la lutte contre le crime organisé international
Nous ne voulons pas que les narcotrafiquants puissent se réfugier dans des endroits où il leur est possible de mener une vie luxueuse en toute impunité. L'absence de traités d'extradition et la possibilité d'investir anonymement dans l'immobilier ont longtemps permis aux criminels de se soustraire à la Justice. Et ce alors qu’ils sont recherchés, poursuivis ou condamnés en Belgique pour trafic de drogue à grande échelle, souvent lié au port d’Anvers.
« Il existe aujourd'hui une collaboration approfondie et constructive avec les Émirats arabes unis. Trois ‘High Value Targets’ ont ainsi été transférés des Émirats arabes unis vers notre pays », a déclaré la ministre de la Justice Annelies Verlinden.
Traité d'extradition
Signé en décembre 2021 et entré en vigueur en novembre 2022, le traité d'extradition entre la Belgique et les Émirats arabes unis a marqué un tournant décisif. Les questions liées aux extraditions sont complexes car elles touchent à de multiples domaines sociaux et juridiques. Les réseaux dont font partie les narcotrafiquants sont responsables de transports de drogue à grande échelle, de blanchiment d'argent et de violences liées à la drogue en Belgique.
De plus, nous constatons que les produits de ces activités criminelles sont fréquemment réinvestis notamment dans l'immobilier au Moyen-Orient, souvent par l'intermédiaire de prête-noms et de montages juridiques qui rendent le traçage des avoirs particulièrement difficile. Pour relever ces défis juridiques et diplomatiques, la Belgique a nommé un magistrat volant. Ce magistrat du parquet est chargé d'analyser la législation des Émirats arabes unis et d'optimiser la coopération avec la Belgique. Grâce à cette unité spécialisée, les demandes d'extradition peuvent être adaptées plus efficacement au contexte juridique local, augmentant ainsi sensiblement les chances de succès des procédures pénales.
La lutte contre cette forme de criminalité organisée exige une coopération étroite entre différents services. La Police Judiciaire Fédérale, le FAST (Fugitive Active Search Team de la Police Fédérale), le ministère public, les douanes et la Cellule de traitement des informations financières (CTIF) du SPF Finances sont notamment impliqués. Au niveau international, Europol, Interpol et diverses autorités jouent un rôle crucial, par exemple via les listes de sanctions utilisées par les pays contre les pratiques de blanchiment d'argent.
« L'extradition de ces criminels est bien plus qu'une simple étape d’une procédure pénale. Elle symbolise un renforcement de l'État de droit, un engagement commun contre la criminalité transfrontalière et un message clair que la justice peut également triompher au-delà des frontières. La coopération entre la Belgique et les Émirats arabes unis prouve que la diplomatie, la technologie et la coordination juridique sont des leviers puissants face au crime organisé », indique la ministre de la Justice Annelies Verlinden.
Une coopération efficace et durable
Les récentes extraditions sont le fruit d'une coopération assidue et bien coordonnée entre les autorités belges et émiraties. Cette collaboration est fondée sur la confiance mutuelle, le respect de l'ordre juridique de chaque État et la volonté commune de lutter contre le crime organisé.
Annelies Verlinden, ministre de la Justice : « Ces extraditions réussies montrent que la collaboration internationale est efficace. Grâce à l'excellente coopération avec les Émirats arabes unis, nous pouvons traduire en justice des criminels en fuite ou les contraindre à purger leur peine. C'est un signal fort adressé à tous les réseaux criminels : la Belgique ne lâche pas prise. Je remercie Son Excellence le ministre de la Justice des Émirats arabes unis, Al Nuaimi, pour la qualité de notre collaboration et de nos échanges. Je continuerai à m'investir pour renforcer nos liens. »
Maroc
Le 11 juin 2026, la ministre de la Justice Annelies Verlinden a effectué une visite officielle au Maroc, où elle a rencontré son homologue Abdellatif Ouahbi afin de renforcer davantage la coopération en matière de sécurité et de justice, s'appuyant sur la déclaration commune du 23 octobre 2025 signée par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Avec le Maroc également, la Belgique partage l’ambition de développer un partenariat plus étroit reposant sur la confiance, la transparence et la responsabilité partagée, dans le but de lutter plus fermement contre la criminalité organisée, de mettre fin au train de vie luxueux des barons de la drogue et de tarir leurs sources de financement. Au cours de cette visite, la ministre Verlinden a clairement indiqué, avec son homologue marocain, que les criminels ne peuvent échapper à la Justice et que le Maroc n'est pas non plus un refuge pour les trafiquants de drogue.
Cette coopération intensive a déjà produit des résultats concrets et tangibles. Ainsi, une opération de grande envergure a récemment été menée, qui a conduit à l'arrestation de plusieurs « High Value Targets » belgo-marocains. Par ailleurs, dans le cadre d’une enquête du Parquet fédéral, deux banques marocaines ont conclu une transaction pénale et s’engagent à verser ensemble plus de 175 millions d’euros.