Réaction de la ministre Verlinden aux récentes fusillades et la persistance de la violence lieé à la drogue à Bruxelles
Les récentes fusillades et la persistance de la violence liée à la drogue à Bruxelles rappellent une fois de plus, douloureusement, la gravité de l'impact de la criminalité organisée. Derrière chaque règlement de comptes, chaque fusillade et chaque incident se cachent des victimes, des riverains qui ne se sentent pas en sécurité, mais aussi des policiers, des magistrats et d’autres professionnels de la sécurité qui doivent exercer leur métier dans des conditions particulièrement difficiles. Ils méritent avant tout notre soutien, notre respect et notre profonde gratitude. Jour après jour, ils s’engagent à protéger la sécurité des citoyens dans des circonstances extrêmement complexes.
La lutte contre le crime organisé et la violence liée à la drogue est une priorité absolue pour ce gouvernement et pour la Justice, comme elle l'était déjà sous la législature précédente. Les organisations criminelles disposent de moyens considérables, opèrent au-delà des frontières et s’adaptent en permanence pour préserver leur modèle économique. Quiconque prétend qu’il existe des solutions simples ment à la population : il s’agit au contraire d'un combat d'une grande complexité. C'est pourquoi nous continuons à investir avec détermination dans la police, la Justice et les autres services de sécurité, afin qu'ils disposent du personnel et des moyens nécessaires pour démanteler ces réseaux criminels et punir les criminels. Nous ne laisserons pas la criminalité s'emparer de nos quartiers et de nos rues.
Et c'est précisément parce que le défi est aussi grand que nous avons besoin d'unité. Le crime organisé ignore les frontières et ne fait aucune distinction entre niveaux de pouvoir, compétences ou courants politiques. Notre réponse ne peut donc pas se limiter à la somme d'efforts isolés, ni être dictée par des postures politiques. Ce n'est que si tous les acteurs concernés collaborent et assument leurs responsabilités que nous obtiendrons des résultats durables et visibles.
Ce dont nous n'avons donc pas besoin aujourd'hui, c'est de chercher des coupables. Les Bruxellois attendent à juste titre des solutions, et non pas des manœuvres politiques visant à déterminer à qui incombe la responsabilité de tel ou tel incident. Lorsque la sécurité des citoyens est en jeu, notre énergie doit se concentrer sur ce qui nous rassemble : rétablir la sécurité et réduire l'influence des organisations criminelles.
Il faut aussi avoir l'honnêteté de regarder en face la nature de ces problèmes. Si nous n'en identifions pas les causes profondes, et si nous ne les traitons pas de manière adéquate, nous continuerons à traiter les symptômes sans jamais soigner le mal. La police et la Justice jouent un rôle crucial dans la lutte contre la criminalité, mais elles n'interviennent qu'une fois les faits déjà commis. On attend encore trop souvent d'elles qu'elles apportent, seules, une réponse à des maux profondément enracinés dans notre société – alors qu'elles ne le peuvent pas. Car le terreau de la criminalité organisée se prépare bien en amont.
C’est pourquoi nous devons également investir dans des quartiers solides dotés de logements de qualité, dans un enseignement adéquat capable de répondre à l'absentéisme scolaire et au décrochage, dans l’approche administrative, dans une politique d’intégration énergique, dans une approche ferme face aux nuisances, dans l’implication des parents et du réseau social, dans un accompagnement social suffisant et dans le renforcement des opportunités pour les jeunes. Lorsque les normes s'estompent, lorsque l'espace public est abandonné aux mains des criminels et lorsque les petites incivilités restent impunies, la voie s'ouvre vers des formes plus graves de criminalité. Prévention, application de la loi et répression doivent aller de pair.
Bruxelles mérite à cet égard une attention particulière. Capitale internationale, moteur économique et métropole densément peuplée, elle fait face à des défis de sécurité qui lui sont propres. Cela exige non seulement un engagement fédéral fort, mais aussi une collaboration étroite entre la Région et l’ensemble des partenaires locaux et supralocaux concernés. Nous saluons à cet égard la future nomination d'un commissaire bruxellois chargé de la lutte contre la drogue.
Les pouvoirs locaux ne peuvent plus se soustraire aux choix difficiles, ni reporter, minimiser ou dissimuler les problèmes : ils doivent mettre en œuvre une politique de sanction immédiate qui montre clairement que les règles s'appliquent à tous et que le non-respect des valeurs et des normes a des conséquences. L’approche administrative permet de mettre fin aux pratiques de blanchiment d’argent.
La lutte contre la criminalité liée à la drogue ne peut aboutir que si tous les niveaux de pouvoir font preuve de détermination, partagent l'ensemble des informations utiles, coordonnent leurs priorités et avancent dans une même direction.
Le gouvernement Arizona investit dans la police et la Justice et poursuivra sans relâche la lutte contre le crime organisé. Les criminels doivent savoir qu’ils seront traqués, poursuivis et sanctionnés. Mais il est tout aussi essentiel d’éviter que de nouvelles générations de jeunes ne tombent sous l’emprise de ces mêmes réseaux criminels.
Les Bruxellois ont droit à la sécurité. Ils ont droit à des autorités qui regardent les problèmes en face, qui assument chacune leurs responsabilités et qui collaborent par-delà toutes les frontières. C'est la recherche de solutions, et non celle de coupables, qui doit être au cœur de nos préoccupations. Ce n'est qu'ainsi que nous inverserons la tendance et empêcherons que la violence et la criminalité ne dictent l'avenir de nos quartiers.