Le Conseil des ministres approuve le Masterplan infrastructure présenté par les ministres Vanessa Matz et Annelies Verlinden pour lutter contre la surpopulation carcérale

Le Conseil des ministres a approuvé aujourd’hui la mise à jour du  Masterplan III, afin de tenir compte des défis croissants auxquels est confrontée l’administration pénitentiaire, en particulier l’augmentation persistante de la surpopulation carcérale. Cette actualisation permet de confirmer et d’adapter plusieurs projets visant à renforcer durablement la capacité pénitentiaire de notre pays, notamment Anvers, Mons, Verviers, Bruxelles et Hoogstraten. 

Depuis de nombreuses années, le système pénitentiaire belge est confronté à une surpopulation chronique ainsi qu’à des infrastructures vieillissantes. Les précédents Masterplans ont permis un rattrapage important, mais celui-ci demeure insuffisant au regard de la situation actuelle. Au 27 janvier 2026, 13.470 personnes étaient détenues pour une capacité totale de 11.296 places, et 545 détenus dormaient sur un matelas au sol. Face à cette réalité préoccupante, la ministre en charge de la Régie des Bâtiments, Vanessa Matz, et la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, ont décidé dès le début de la législature d’unir leurs efforts afin d’augmenter la capacité pénitentiaire, tout en veillant à garantir des conditions de détention humaines, dignes et favorisant la réinsertion. Le Gouvernement a adopté ce jour leur proposition, qui s’inscrit dans la continuité des Masterplans précédents tout en faisant évoluer les projets afin de s’adapter aux réalités actuelles et aux évolutions de la situation. Elle est articulée autour de quatre axes majeurs : un programme de rénovation pour récupérer la capacité perdue, l’extension des capacités sur des sites existants, la création de nouvelles capacités tout en remplaçant les infrastructures obsolètes et un programme de rattrapage pour garantir des conditions humaines. 

Mons et Verviers 

Le Masterplan adopté aujourd’hui confirme la construction de la nouvelle prison de Mons, avec une capacité fixée à 300 places. De plus, le Conseil des ministres a formellement approuvé que l’ancienne prison de Mons sera fermée dès la mise en service du nouvel établissement. À Verviers, le Conseil des ministres approuve le maintien du projet de maison de peine d’une capacité de 240 places. Des moyens supplémentaires humains sont dégagés pour la réalisation de ces projets indispensables. 

Anvers 

Les travaux de la nouvelle prison d’Anvers se poursuivent et avancent à un rythme soutenu, tandis que l’ancienne prison restera ouverte grâce à des investissements supplémentaires pour maintenir et améliorer l’infrastructure. Il est par ailleurs décidé de maintenir la capacité de l’ancienne prison de la ville à 370 détenus jusqu’à l’ouverture de la nouvelle prison de Leopoldsburg. Celle-ci fonctionnera à la fois comme maison de peine et maison d’arrêt, afin de contribuer à garantir des conditions de détention plus humaines. Pour avancer sur ces projets de manière efficace, des crédits et moyens humains sont débloqués. 

Hoogstraten 

Concernant le site d’Hoogstraten, alors qu’une fermeture avait été précédemment envisagée, il est finalement décidé de conserver les deux ailes les plus récentes, représentant une capacité de 70 places, dans le cadre du renforcement global des capacités. 

Bruxelles 

Enfin, afin de répondre à la pression persistante dans la capitale, il est décidé de maintenir l’établissement de Saint-Gilles ouvert jusqu’en 2035 au plus tard, en fonction de la mise en service des capacités supplémentaires prévues dans les autres projets, et d’augmenter sa capacité à 600 places à partir de 2027. Des moyens supplémentaires seront également alloués à la Régie des Bâtiments pour permettre la réalisation des travaux nécessaires à cette augmentation de capacité.  
Au-delà des investissements matériels et budgétaires importants décidés par le gouvernement pour renforcer la capacité pénitentiaire, des moyens humains conséquents seront également mobilisés. Au total, plus de 570 équivalents temps plein seront engagés, par recrutement ou mobilité interne, afin d’assurer la sécurité des établissements, la mise en service des nouvelles capacités et l’avancement efficace des différents projets. Ces renforts concerneront tant le personnel pénitentiaire que la Régie des Bâtiments. Il s’agit d’une approche globale : investir dans les infrastructures, mais aussi dans les femmes et les hommes qui les feront fonctionner au quotidien. 

« Dans un État de droit, il n’est pas acceptable que des personnes dorment sur un matelas au sol faute de place. La modernisation de notre infrastructure pénitentiaire est un travail de longue haleine. Les défis sont importants, mais nous avançons concrètement pas à pas. Grâce aux collaborations étroites entre la Justice et la Régie des Bâtiments, et avec les moyens décidés par le gouvernement, nous poursuivons ce travail avec détermination afin de garantir des conditions de détention dignes et humaines. » 
Vanessa Matz 

« La surpopulation compromet à la fois la sécurité et la dignité humaine dans nos prisons. En maintenant plus longtemps ouvertes les prisons d’Hoogstraten, Saint-Gilles et d’Anvers (ancienne prison), nous créons aujourd’hui une capacité supplémentaire et offrons au personnel ainsi qu’aux détenus une bouffée d’oxygène indispensable. Il s’agit d’une étape nécessaire, dans l’attente de réformes structurelles supplémentaires de notre politique de détention ainsi que d’une capacité structurelle à long terme. » 
Annelies Verlinden