La ministre Verlinden veut rouvrir les affaires classées
La ministre de la Justice Annelies Verlinden souhaite créer un centre national d'expertise dédié aux affaires classées. Grâce à son soutien, un projet pilote est en cours pour réexaminer les infractions graves non résolues. Ce projet sera coordonné par l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC), en étroite collaboration avec les parquets, les services de police et les universités. « Grâce aux technologies modernes et à une approche spécialisée, nous pouvons offrir aux victimes et à leurs proches l'espoir d'obtenir justice », souligne la ministre Verlinden.
En unissant les forces et en tirant le meilleur parti des techniques médico-légales de pointe, telles que les analyses ADN avancées et les nouvelles techniques d’analyse des traces, la ministre Verlinden souhaite, par respect pour les victimes, donner un nouveau souffle à d’anciens dossiers. La Belgique est en effet confrontée à une difficulté majeure dans le traitement de ces affaires : l'absence de définition commune et de méthode de travail standardisée. Les enquêtes bloquées concernant des homicides, des faits de mœurs et d'autres infractions graves ne bénéficient pas toujours de l’attention permanente qu'elles méritent.
« Avec ce projet pilote, nous voulons mettre fin à l’approche fragmentée », précise Karolien Van Dijck, conseillère senior en médecine légale à l'INCC et responsable du projet. « Une collaboration multidisciplinaire combinant compétences juridiques, policières et scientifiques multiplie significativement les chances de résolution et accélère les investigations. »
La ministre Verlinden ajoute : « En collaboration avec les parquets, les services de police et les partenaires universitaires, l'INCC continue de développer l'expertise nécessaire et d’élaborer une approche structurée, standardisée et multidisciplinaire. Nous posons ainsi les bases d'un centre d'expertise national pour les affaires classées. »
L'affaire Tania Van Kerkhoven
Des exemples aux Pays-Bas et en France montrent qu'une collaboration multidisciplinaire entre scientifiques, parquets, police et partenaires universitaires est souvent déterminante. En Belgique, l'affaire Tania Van Kerkhoven, assassinée en 1993 à Berchem, connaît de nouveaux développements 32 ans après les faits.
« Dans le cadre du projet pilote de l'INCC, des scientifiques, la police et le parquet mettent en commun leur expertise afin d'offrir enfin une perspective aux familles et aux proches qui attendent des réponses depuis des années. Nous leur devons de ne négliger aucune piste et de tout mettre en œuvre pour résoudre ces affaires classées », a déclaré la ministre Verlinden.