La maison de transition de Malines inaugure ses nouveaux locaux : pionnière depuis 2019, elle reste une référence en matière de réinsertion

La maison de transition de Malines a officiellement ouvert aujourd’hui les portes de son nouveau site dans la rue Kanunnik de Decker. Il ne s'agit pas d'une nouvelle structure, mais d'un déménagement qui marque une étape importante pour un projet qui, depuis 2019, contribue à façonner une nouvelle vision de l'exécution des peines en Belgique.

En tant que première maison de transition du pays, Malines s’est imposée comme une pionnière de la détention à petite échelle. Ce qui n'était au départ qu'un projet pilote a démontré, au fil des années, qu'une préparation ciblée et intensive au retour dans la société porte ses fruits. Entre-temps, ce modèle s’est imposé au sein de la politique belge en matière d’exécution des peines et continue de se développer.

Les maisons de transition font le lien entre la détention et la liberté. Les détenus condamnés à de longues peines bénéficient, à partir de 18 mois avant la fin de leur peine, d'un accompagnement intensif pour reprendre progressivement leurs responsabilités, trouver un emploi, reconstruire un réseau social et préparer leur retour dans la société. L'objectif final est de prévenir la récidive, de renforcer la sécurité et de réduire le nombre de victimes. En reconstruisant progressivement leur vie, les résidents se préparent à une existence autonome, ce qui réduit le risque de récidive.

La première maison de transition de Belgique confirme sa valeur ajoutée

La maison de transition de Malines a ouvert ses portes en septembre 2019 en tant que premier projet pilote belge, sous la gestion de STERKhuis, un partenariat entre G4S Care et Exodus Nederland. Depuis lors, environ 200 résidents y ont séjourné.

Les résultats parlent d'eux-mêmes :

  • environ 90 % des résidents travaillent pendant leur séjour ;
  • plus de 120 résidents ont accédé à une autre modalité d'exécution de la peine, avec un plan de réinsertion solide ;
  • deux périodes d'évaluation consécutives de trois ans chacune se sont révélées positives.

Sur la base de ces résultats, l’exploitant s’est vu octroyer une nouvelle concession pour une durée de six ans, dans le cadre de la politique actuelle.

Moins de récidive, donc moins de victimes

La ministre de la Justice Annelies Verlinden souligne l’importance des maisons de transition dans le cadre d’une politique d'exécution des peines moderne et efficace.

« La maison de transition de Malines a vu le jour sous la forme d’un projet pilote lancé par mon prédécesseur, Koen Geens. Il s’agissait d’un modèle entièrement nouveau, axé sur la qualité et la réinsertion. Au fil des ans, cette première maison de transition a prouvé que la détention à petite échelle fonctionnait. Les résidents prennent à nouveau leurs responsabilités, trouvent un emploi et se préparent, étape par étape, à mener une vie autonome. Cette approche permet de réduire le risque de récidive et garantit, à terme, davantage de sécurité et moins de victimes. Ce succès n’est pas seulement dû à la maison de transition elle-même, mais aussi à la solide collaboration avec la ville de Malines et ses partenaires locaux. La réinsertion ne se fait en effet pas derrière les murs d’une prison, mais au sein de la société. C’est pourquoi une collaboration constructive avec les autorités locales est extrêmement précieuse. Elles contribuent à jeter des ponts vers l’emploi, la formation, l’accompagnement et l’ancrage social. Nous continuons à investir dans ce modèle couronné de succès, qui offre de nouvelles chances aux personnes et rend notre société plus sûre », déclare la ministre de la Justice Annelies Verlinden.

Doublement du nombre de maisons de transition

La Belgique compte aujourd’hui cinq maisons de transition : à Malines, Gentbrugge, Louvain, Enghien et Hamme. Cette dernière a été inaugurée par la ministre de la Justice Annelies Verlinden le 15 avril 2026.

Le gouvernement fédéral prévoit de dégager les moyens nécessaires à la création de cinq maisons de transition supplémentaires d’ici deux ans, notamment envisagées à Anvers, Charleroi et Alken.

Parallèlement, l’arrêté royal fixant les normes applicables aux maisons de transition a été modifié au cours de cette législature : leur capacité d'accueil passe de 12-17 résidents à 15-25 résidents pour les nouveaux projets. Cette évolution permet de travailler plus efficacement, d’utiliser au mieux les moyens disponibles et d’accueillir davantage de résidents.

« Une exécution des peines réussie ne s'arrête pas aux portes de la prison », conclut la ministre de la Justice Annelies Verlinden. « Elle n'est vraiment réussie que lorsqu'une personne, après avoir purgé sa peine, retrouve sa place dans la société sans faire de nouvelles victimes. C'est précisément pour cette raison que nous continuons à investir dans les maisons de transition. »