500 nouveaux boutons d'alarme pour les victimes de harcèlement
Les ministres de la Justice, de l'Égalité des chances et de l'Intérieur ont décidé d’acquérir 500 alarmes mobiles anti-rapprochement (AMR) supplémentaires. Cette mesure permettra d'augmenter le nombre de victimes de harcèlement pouvant bénéficier d'une protection rapide et efficace. « Les victimes de harcèlement vivent souvent dans une peur permanente. L'alarme mobile anti-rapprochement leur offre une protection concrète et les rassure en leur montrant qu'elles ne sont pas seules. C'est pourquoi nous continuons à investir dans ce système », explique Annelies Verlinden, ministre de la Justice.
L’AMR : une réussite
L’alarme mobile anti-rapprochement a été introduite en 2019 afin de mieux protéger les victimes dans des situations présentant un danger mortel de harcèlement et de violence intrafamiliale. Sur la base d'une analyse des risques effectuée par la police, le parquet peut octroyer une AMR. Il s'agit d'un bouton discret que la victime peut porter sur elle en permanence. Une simple pression sur ce bouton active l'application 112 et met immédiatement la victime en contact avec les services de secours. Les appels émis via l’AMR sont toujours traités en priorité et les interventions de la police ont lieu en moyenne dans les dix minutes.
À ce jour, 258 victimes de harcèlement sont équipées de ce dispositif. Par ailleurs, 363 dossiers ont entre-temps été clôturés. Les évaluations montrent que 89,6 % des femmes équipées d'une AMR se sentent nettement plus en sécurité. Après six mois en moyenne, l'alarme n'est souvent plus nécessaire : 70 % des victimes ne déposent alors plus de nouvelle plainte.
Le harcèlement reste un grave problème de société
Le harcèlement est un phénomène sociétal sérieux et persistant. Chaque année, environ 25 000 signalements sont enregistrés en Belgique, soit une moyenne de 70 par jour. Dans 62 % des cas, l'auteur est un ex-partenaire. 81 % des femmes victimes de harcèlement de la part d'un ex-partenaire sont également confrontées à des violences physiques. En moyenne, 20 personnes sont tuées chaque année par leur harceleur, et 120 à 130 victimes survivent à une tentative de meurtre ou d'homicide.
Optimisation technique : vers une AMR 2.0
En 2026, les efforts se poursuivront pour optimiser les aspects techniques de l'alarme mobile anti-rapprochement. Grâce à des moyens supplémentaires dégagés par les trois cabinets concernés, une étude de faisabilité sera lancée pour une AMR 2.0. Parmi les éléments à l'étude figurent notamment un nouveau bouton compatible avec l'iPhone, une alarme qui ne dépend plus d'une connexion Bluetooth mais qui peut entrer directement en contact avec la centrale d'urgence, et un signal confirmant à la victime que l'appel a bien été reçu. Les bonnes pratiques nationales et internationales seront également examinées pour inspirer la prochaine génération d'alarmes mobiles anti-rapprochement.