La ministre Verlinden plaide, lors du Congrès des Nations unies pour la prévention du crime, en faveur d'une coopération internationale renforcée contre la criminalité organisée

Ce congrès constitue le principal forum mondial consacré à la prévention de la criminalité et à la justice pénale. Cette édition met l’accent sur le renforcement de la prévention de la criminalité, des systèmes de justice pénale et de l’État de droit dans un monde toujours plus numérique.

 

Lors de l'événement « Protecting Borders: Drug Trafficking and Other Organized Crime », les pouvoirs publics, les organisations internationales et les partenaires privés échangeront leurs expériences en matière de lutte contre la criminalité organisée transfrontalière, un domaine où la Belgique joue un rôle de pionnier, aux côtés de l'ONUDC et des Émirats arabes unis.

 

Le crime organisé sape notre société

Les réseaux criminels opèrent à l'échelle internationale, exploitent les nouvelles technologies et cherchent à infiltrer notre économie. Plaque tournante logistique, la Belgique est directement exposée à cette menace.

 

« Le crime organisé sape notre économie, nos institutions et entraîne les jeunes dans son modèle économique. C’est pourquoi nous devons le combattre par la prévention, la répression, la coopération internationale et en privant les criminels de leurs profits », a déclaré la ministre de la Justice Annelies Verlinden.

 

La Belgique privilégie une approche intégrée couvrant l’ensemble de la chaîne criminelle, avec une attention particulière portée à la protection des jeunes contre le recrutement par les milieux criminels, ainsi qu’à la prévention de l’infiltration des ports, aéroports et autres carrefours logistiques.

 

Ports, sécurité et flux financiers criminels au centre de l’attention

Lors de son intervention, la ministre de la Justice Annelies Verlinden présentera l'approche belge de lutte contre la criminalité organisée, axée sur la sécurisation des ports, le renforcement des contrôles, la lutte contre le blanchiment d'argent et le trafic d'armes illégal, ainsi que sur l'alourdissement des peines pour l'exploitation criminelle de mineurs.

 

La Belgique intensifie également la lutte contre les avoirs d’origine criminelle par le biais de la recherche, de la confiscation et de la récupération des profits illicites. Un parquet financier est créé au sein du Parquet fédéral, et un parquet portuaire sera mis en place pour la zone portuaire d’Anvers. Parallèlement, la Police Judiciaire Fédérale (PJF) mène la plus vaste campagne de recrutement de profils financiers jamais organisée, afin d’enquêter sur la criminalité économique et financière.

 

La Belgique soutient la Déclaration d’Abou Dhabi

La Belgique salue la Déclaration d’Abou Dhabi, le document de clôture du congrès qui contribuera à définir l’agenda international en matière de prévention de la criminalité et de justice pénale. Elle reflète plusieurs priorités belges, telles que l’approche intégrée de la criminalité organisée, le principe follow the money, la prévention, la lutte contre la traite des êtres humains et une utilisation responsable des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle.

 

La coopération internationale

Lors du congrès, la Belgique plaidera pour une coopération internationale renforcée contre la criminalité organisée, avec un échange d’informations accru, la récupération des avoirs et l’extradition des criminels. 

Notre pays soutient également activement les efforts de l’ONUDC, notamment par le biais d’une contribution de 500 000 euros destinée à la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée en Amérique latine. La Belgique continue d’investir dans des partenariats internationaux qui renforcent l’État de droit et la protection des citoyens.

 

« Chaque jour, les criminels collaborent au-delà des frontières : ils échangent des informations, font circuler des flux financiers et tirent parti des différences entre systèmes juridiques. Pour les vaincre, notre coopération internationale doit encore se renforcer. Ce n’est qu’en unissant nos efforts que nous pourrons protéger nos sociétés, nos économies et nos citoyens face à cette menace », conclut la ministre de la Justice Annelies Verlinden.

 

Coopération avec les Émirats arabes unis et d’autres pays

La coopération bilatérale avec les Émirats arabes unis et d’autres partenaires clés illustre concrètement que la coopération internationale dans la lutte contre la criminalité organisée n’est pas un simple slogan. En marge du congrès, la ministre Verlinden mène une série d’entretiens bilatéraux pour intensifier encore cette lutte commune contre la criminalité organisée.

 

Avec son homologue émirien et le chef de la police de Dubaï, elle discutera des moyens de renforcer davantage la coopération fructueuse en matière d’extraditions, de détection des avoirs et de partage des avoirs confisqués. Cette coopération est cruciale pour lutter contre les réseaux internationaux de trafic de drogue et confisquer les profits d’origine criminelle. De nombreuses « High Value Targets » et d’autres criminels ont déjà été extradés vers la Belgique ; le compteur s’élève désormais à 20.

 

À cette fin, la Belgique affecte un magistrat itinérant spécifiquement chargé de la coopération judiciaire avec les Émirats. En collaboration avec la police, la Justice et les partenaires internationaux, cette approche doit permettre non seulement d’arrêter les criminels, mais aussi de les priver de leurs avoirs illicites.

 

La lutte contre le crime organisé occupe aussi une place centrale dans les discussions avec la délégation albanaise. Des enquêtes belges révèlent que des sommes considérables issues du trafic de drogue sont investies en Albanie, notamment dans l’immobilier et d’autres secteurs. Les discussions se poursuivent donc en vue d'une coopération sur le partage des avoirs confisqués, afin que les fonds d'origine criminelle puissent en partie être rapatriés en Belgique et réinvestis dans la lutte contre le crime organisé.